Vers une évolution du métier de pharmacien

Avril. 2019


Depuis jeudi 21 mars 2019 les pharmaciens sont autorisés, en cas d’urgence, à délivrer des médicaments normalement prescrits sur ordonnance, pour dépanner les patients.

Qui ne s’est jamais retrouvé avec une cystique ou une angine un dimanche ou un jour férié ? ou tout simplement dans l’impossibilité d’obtenir un rendez-vous médical ?

Bonne nouvelle : vous n’aurez plus à supplier et faire du charme à votre pharmacien pour qu’il accepte de vous délivrer votre médicament malgré l’absence d’ordonnance. En effet, les députés ont autorisé jeudi 21 mars 2019 les pharmaciens à délivrer, sous certaines conditions, des médicaments sous prescription médicale obligatoire pour des pathologies bénignes comme des cystites ou certaines angines. 

On pourrait tout de même s’interroger sur les conséquences voire les éventuelles dérives d’une telle évolution : les pharmaciens accèderaient donc désormais à un droit de prescription comme les médecins ?  

Mais à cette interrogation le député, Thomas Mesnier, vient bien préciser, à l’aide de « garde-fous », que le seul et unique objectif de cette nouvelle disposition est de « permettre, dans le cadre d'un exercice coordonné avec d'autres professionnels de santé, de pouvoir délivrer des médicaments selon un protocole mis en place par la Haute autorité de santé, après une formation et avec une obligation de lien et d'information au médecin traitant ». Il ajoute également que "Ce que nous souhaitons, c'est donner un accès aux soins supplémentaires aux Français avec la même qualité, la même sécurité pour des pathologies du quotidien comme l'angine ou la cystite, cette infection urinaire simple qui peut être traité avec une dose d'antibiotique".

Mobirise

Cette disposition trouve son inspiration dans plusieurs systèmes étrangers et plus particulièrement vient imiter le système suisse "Net Care" qui permet aux pharmaciens de dispenser des médicaments selon un protocole décisionnel mis en place entre pharmaciens et médecins.

De manière générale, une telle évolution vient renforcer le rôle de conseillé endossé par le pharmacien. Aujourd'hui, le pharmacien n'est plus un simple dispensateur de médicaments : même si son ADN reste de délivrer des médicaments aux patients, son métier s'élargit de plus en plus vers le conseil. Un tel rôle est totalement justifié lorsqu’on regarde leur formation : cinq années voire plus pour certains. D’ailleurs 65% des français font totalement confiance à leur pharmacien.

Par ailleurs, cette nouvelle autorisation accordée aux pharmaciens de délivrer des médicaments normalement prescrits sur ordonnance n’a, certes, rien de digital…mais elle semble pourtant s’inscrire dans la tendance actuelle de « digitalisation des pharmacies » prônée par le conseil national de l’Ordre des Pharmaciens (CNOP). En effet, le CNOP, dans son récent livre vert, intitulé « Pharmacie connectée et Télépharmacie : c’est déjà demain », pose la question de « comment relever le défi de cette transformation au bénéfice des patients ? ». Il en ressort des objectifs et des initiatives concrètes mettant en avant une la nécessité de faire évoluer le métier de pharmacien comme lancer de nouveaux services aux patients ou encore renforcer la coordination des soins. Autoriser les pharmaciens à délivrer des médicaments ne fait-elle pas partie d’une telle évolution ?! Un nouveau service pour les patients qui devrait leur plaire !

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